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Thursday, February 6, 2014

Les médias satiriques, leur viralité et leur impact

Amis Facebook et Followers sur Twitter 5/2/2014
Depuis 25 ans la parodie est la clé du succès du site satirique "The Onion", qui a servi de modèle à d'autres sites Internet comme "El Mundo Today" en Espagne ou "Le Gorafi" en France.

Ces médias utilisent la facilité du partage sur Internet, les réseaux sociaux, et l'interactivité des audiences plus connectés pour diffuser leur fausses infos, qui souvent deviennent virales sur les réseaux sociaux.



Quel future pour les médias satiriques: digital ou imprimé?


Depuis que "The Onion" est passé au numérique, le média à commencé à toucher un public plus large, plus jeune (90% d’entre eux ont entre 18 et 44 en 2013) et surtout un public international. Malgré cet essor sur la toile, un des co-fondateurs de "The Onion" a mentionné l'été dernier, pendant une conference sur l'interactivité à Seattle, que sa publication n'aurait pas vraiment de place dans les médias à l'avenir, car les jeunes ne comprendront plus l'humour de "The Onion", surtout destiné a se moquer de la presse, parce que les jeunes ne lisent plus la presse.

Quelques mois après cette déclaration, The Onion a impressionné la communauté internationale avec un article qui cherchait à faire blague sur les pratiques des médias en ligne avec son article "Let Me Explain Why Miley Cyrus’ VMA Performance Was Our Top Story This Morning", où une fausse Meredith Artley (directrice de CNN digital) parlait de la dernière performance de Miley Cyrus pour augmenter le trafic de son site et pouvoir augmenter ainsi aussi le prix de la publicité. Cet article a génèré rapidement plus de 15000 likes sur Facebook, et a fait réagir Meredith Artley elle-même sur ce sujet.

De son coté, "Le Gorafi", fondé en ligne en septembre 2012, a lancée son "best of" 2013, "L'Année du Gorafi" en version papier, qui cherche avoir autant de succès que son site, qui a atteint en un an au million de visites uniques par mois.

"El Mundo Today", le média humoristique espagnol, né en 2009 ne se contente seulement d'avoir un site internet, mais est aussi présent en radio (un support très apprécié pour la diffusion de contenu humoristique) et réalise des vidéos publiées sur une chaine Youtube. Sur les réseaux sociaux, les articles font effet boule de neige dans un contexte ou la crise incite à regarder avec ironie des situations qui poussent la population au mécontentement.

Dans tous les cas ces plateformes de parodie sont un terrain d'expérimentation des tactiques de partage du contenu digital, où les spécialistes de la communication peuvent jouer avec moins de risques sur la viralité des contenus et les stratégies pour les populariser sur les réseaux sociaux.


Pour quoi les fausses informations nous attirent-elles?


La parodie du langage ou des techniques du journalisme sont une source d'humour et de succès en soi. Mais le test, l'expérimentation de contenus et de thématiques potentiellement viraux est surement un autre élément du succès des sites d'informations parodiques.

Des outils sont capables d'identifier les thématiques les plus populaires sur internet, les mots clés les plus utilisés, ou les hashtags prédominants sur les réseaux sociaux, et les médias sont capables d'identifier les thèmes les plus populaires pour essayer de surfer sur leur succès en publiant du contenu lié. Et il est évidemment plus facile d'exploiter ces thématiques virales lorsque l'ont n'est pas tenu de publier de vraies informations.

Archistophanes, le créateur de la (fausse) photo du Buddha sculpté dans la roche du monastère de Ngyen Khag Taktsang en Chine a déclaré qu'il à d'abord cherché les photos les plus populaires sur le net; il a identifié deux thématiques porteuses: les paysages naturels et sauvages et les monuments historiques. Il a donc fusionné les deux thématiques, et crée une nouvelle photo, fausse, qui est immédiatement devenue virale.


Cet "artiste" du photoshop viral déclare que très peu de gens ont affirmé avoir visité cette sculpture inexistante; il assure que les gens partagent ces images improbables parce qu'elles donnent une forme de motivation dans la vie quotidienne parfois monotone, ici égayée avec des faits fantastiques. Cette hypothèse peut peut-être s'appliquer aussi aux fausses informations.

Des malentendus au delà des frontières


Pour finir, voici quelques exemples de l'ampleur prise par de fausses informations lorsqu'elles sont reprises par erreur par des médias "sérieux" (ce qui les rend encore plus populaires):

- En 2012 "The Onion" a publié une fausse annonce du prix de l'"Homme le plus sexy du monde de l'année 2012" décerné au jeune dictateur de Corée du Nord Kim Jong-un. Le journal officiel du Parti communiste chinois (PCC), "Le Quotidien du Peuple" a repris la nouvelle sans aucun second degré accompagnant la nouvelle d'une galerie de 55 photographies du leader nord-coréen avec des félicitations.

- "Le Gorafi" a piégé l'agence de presse italienne ANSA en publiant un sondage fantaisiste selon lequel 89% des Français pensent que le clitoris est un modèle de Toyota, un article repris par ANSA. La dépêche de l'agence de presse a ensuite été reprise par plusieurs médias italiens, et notamment par le très sérieux quotidien Corriere della Sera.

- En 2011, "El Mundo Today" annonce "Oxford suprime le mot "nevertheless" parce que personne connait sa signification". Un lecteur, "méfiant" contacte Oxford qui lui répond que l'information est fausse, et le lecteur indigné écrit au journal pour leur faire savoir la réponse d'Oxford. "El Mundo Today" publia sur son compte Facebook cette contribution du lecteur, ce qui a fait accroitre la popularité de l'article.